Mieux se motiver – Comment mieux gérer les émotions des enfants?

In Mieux se motiver - Pilier 3 by Ismail SadkyLeave a Comment

On aimerait tous que les enfants sachent contrôler leurs émotions, qu’ils apprennent à ne pas hurler ou fondre en larme lorsqu’on leur demande de partager, qu’ils s’entendent à merveille avec leur frère ou leur sœur… Mais si vous êtes parent, vous savez que malgré tous nos efforts pour les aider à être ces enfants équilibrés que nous aimerions qu’ils soient, une vie en famille est ponctuée de tempêtes, de manifestations d’émotions fortes parfois difficiles à vivre.

Et certaines réactions des enfants nous semblent parfois disproportionnées, comme par exemple lorsqu’ils se jettent par terre en hurlant parce qu’on a refusé de leur acheter un jouet ou encore lorsqu’ils se se mettent à hurler et tout balancer autour d’eux au moment où on leur lave les cheveux dans le bain…

 Le développement du cerveau, par la neuroscience,  est l’une des clés qui permet de comprendre pourquoi  avec les enfants nous vivons ces situations et comment nous pouvons en sortir.

Un peu de neuroscience : Les différentes fonctions de nos cerveaux…

Notre cerveau est organisé en différentes parties qui font chacune un travail différent. C’est un peu comme si nous avions des personnalités différentes qui cohabitent dans nos têtes.

Un hémisphère gauche, logique, réfléchi et un hémisphère droit, affectif, non verbal

La partie gauche du cerveau nous aide à penser de manière logique, à organiser nos pensées et à les exprimer verbalement par des phrases. La partie droite nous aide à vivre des émotions et lire des signaux non-verbaux qui nous permettent de communiquer par l’expression du visage, les échanges de regard, le ton de notre voix, etc. C’est le cerveau de l’intuition, de tout ce qui lié à l’affectif, aux émotions.

Une partie basse, primitive, siège de nos émotions et une partie haute pour les gérer…

En bas, le tronc cérébral et le système limbique assurent toutes les fonctions primitives comme par exemple réagir immédiatement , en quelques fractions de secondes , en cas de danger pour fuir ou s’immobiliser. Cette partie basse abrite aussi l’amygdale qui est le siège des émotions comme la colère et la peur ;
En haut, le cortex cérébral et ses différentes parties – particulièrement celles situées derrière le front – sont plus évolués. Cette partie haute nous aide à planifier, à réfléchir, à faire preuve d’empathie, à contrôler nos émotions, à faire preuve d’imagination.

Faire travailler ces deux parties du cerveau verticalement permet aux parties du haut de réguler celles du bas et de calmer les réactions impulsives, et vice versa pour intégrer l’instinct dans nos décisions.

La clé du développement, c’est d’arriver à faire marcher toutes ces parties ensembles horizontalement, c’est à dire faire fonctionner l’hémisphère droit et gauche ensemble et verticalement, c’est à dire la partie haute et basse du cerveau.

Quand le cerveau est  en construction… il faut mieux revenir dans une vingtaine d’années

Chez les enfants, le cerveau haut est en construction et il n’arrive à maturité que vers l’âge de 25 ans, alors que le cerveau bas lui, est à son plein potentiel dès le plus jeune âge !

Les enfants de moins de 3 ans sont dominés par l’hémisphère droit. Ils ne maîtrisent pas l’usage de la logique et des mots pour exprimer leurs émotions. Ils vivent la vie dans l’instant présent à plein régime. Si les jeunes enfants n’utilisent pas leur partie haute du cerveau, c’est simplement parce que leur cortex est en construction et ne peut pas jouer pleinement son rôle à savoir réguler leur colère et leur peur. Ce n’est pas de leur faute s’ils sont submergés par les émotions sans pouvoir les contrôler, c’est biologique, c’est la faute à leur amygdale !

Daniel Siegel, neuropsychiatre américain, dans son livre « The whole-brain child » dit que Le cerveau gauche commence à entrer en action lorsque les enfants commencent à poser la question « pourquoi », c’est à dire à vouloir connaître la cause et l’effet et à exprimer cette logique par des mots.

Donc quand votre enfant se met à hurler au supermarché parce que vous ne voulez pas lui acheter un jouet, tenter de lui faire comprendre que c’est bientôt noël ou son anniversaire et qu’il aura des jouets dans quelques semaines, n’aura pas beaucoup d’effet parce qu’il n’a ni la notion du temps, ni la maturité cérébrale nécessaire pour raisonner de façon logique…

Comment rétablir le contact lors d’une crise ? Ça se discute….

En fonction du degré de colère et de l’âge de votre enfant, vous pouvez utiliser les 2 techniques suivantes :

1 – Se reconnecter avec notre enfant en acceptant ses émotions puis l’aider à utiliser son cerveau gauche

Notre premier objectif en cas de grosse colère est de faire baisser le niveau de stress de notre enfant, et pour cela, nous allons utiliser notre cerveau droit. Nous pouvons prendre notre enfant dans nos bras, parer les mauvais coups pour éviter qu’il se fasse mal, qu’il fasse mal aux autres ou encore qu’il dévaste le magasin. Nous pouvons utiliser le ton calme de notre voix pour lui montrer qu’on comprend qu’il soit en colère sans nous laisser entraîner par celle-ci. Cela peut paraître contre-intuitif parce que dans un lieu public, le regard des autres peut-être pesant, mais maintenant que vous savez que votre enfant n’a pas encore la possibilité de faire intervenir son cerveau pré-frontal, à vous d’utiliser le vôtre à sa place…

C’est seulement une fois que la connexion est rétablie, que nous pouvons l’emmener à faire appel à son cerveau gauche en verbalisant et en faisant appel au raisonnement logique.

2 – Utiliser le jeu pour recréer le lien puis revivre si besoin l’histoire grâce au jeu

En fonction du degré de colère et de l’âge des enfants, vous pouvez faire appel au ludique. Faire quelque chose de rigolo, de loufoque, comme par exemple le prendre comme un sac de pomme de terre…
S’il répète : » je veux ce jouet !!! »
Vous pouvez par exemple dire à votre tour : « Et moi je veux un sac de patates!!! et d’ailleurs je vais l’emporter tout de suite, allez hop ! » en soulevant votre enfant pour le mettre sous votre bras. L’objectif est de capter son attention, de provoquer le rire et accessoirement lui faire oublier ce jouet parce que peut-être que ce jouet n’était qu’un prétexte pour attirer votre attention et dire « maman/papa, j’ai besoin de toi ».

Si ce type de crise est récurrent, vous pouvez rejouer plus tard la scène à la maison avec des personnages ou en inversant les rôles avec votre enfant, en endossant le rôle de l’enfant qui exige ce jouet et en surjouant volontairement le  personnage qui veut tout, tout de suite et qui se jette par terre en gigotant et en faisant des demandes de plus en plus extravagantes : « je veux le supermarché entier !!! ».

Jouer au quotidien pour faire travailler simultanément toutes les parties du cerveau

Le meilleur moyen de stimuler le cerveau de vos enfants et le vôtre, pour que toutes les parties fonctionnent en même temps, pour créer du lien et prévenir la plupart des crises  : c’est le jeu.

Le jeu fait intervenir notre cerveau droit et notre cerveau gauche, le jeu est riche en émotions, en rires et grâce au jeu les enfants font aussi appel à la logique  lorsqu’ils suivent des règles ou encore lorsqu’ils procèdent par étape pour construire, enchaîner des actions ou encore raconter une histoire avec des personnages.

Et vous pouvez utiliser le jeu dès les premiers échanges avec votre bébé…  Lorsque par exemple vous tenez ses deux petites mains et que vous échangez des regards et qu’il gazouille en vous fixant dans les yeux, vous stimulez son cortex droit.

Texte inspiré du site : http://www.leo-melrose.com/

 

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