Mieux se connaitre – Le dys à haut potentiel

In Mieux se connaître - Pilier 1 by Ismail SadkyLeave a Comment

Reconnaître, comprendre, expliquer.

Il faut certes s’affranchir des tendances au réductionnisme, cependant je reprendrai, pour des raisons heuristiques et didactiques, ce modèle de la constellation des multidys qui a, j’en suis bien conscient, ses limites.

dyslexique

Caractéristiques connues des troubles de l’apprentissage

 

  • trouble durable et handicapant dans la vie quotidienne et/ou scolaire sans déficience intellectuelle (QI normal ou supérieur à la moyenne), troubles psychoaffectifs, déficit sensoriel, éducation lacunaire ou absence de motivation
  • plus fréquent chez les garçons
  • des familles prédisposées
  • pas de facteur environnemental ou périnatal (sauf pour TDHA)
  • atteinte focale d’un module neurocognitif (langage, lecture, calcul, praxie, cognition spatiale, les plus fréquents étant liés au langage écrit…)
  • comorbidité = polydys

 

Le syndrome phonologique

 

La dyslexie consiste en l’incapacité à entrer dans la conversion grapho-phonémique. Il y a généralement des antécédents oraux (dysphasie, retard de langage), souvent une dyscalculie associée et un déficit de mémoire immédiate. Des difficultés de décodage, un trouble de la dénomination rapide, plus tard des difficultés lexicales et syntaxiques.

 

Le syndrome visuo-attentionnel

 

Il s’agit de l’incapacité à automatiser la conversion grapho-phonémique, le décodage est exact mais lent, on constate des paralexies dérivationnelles et sémantiques et des substitutions de petits mots. Pas d’antécédents oraux, ils ont parlé vite et bien. Souvent des troubles de l’attention. Au WISC IV : IRP > ICV.

 

La dyslexie mixte

 

Initialement phonologique puis visuo-attentionnelle. On constate une disproportion importante entre le déficit phonologique et l’intensité de la dyslexie. Il n’y a pas de grosse différence entre IMT et IVT au WISC IV. Souvent lié à une hyperactivité et un trouble des conduites.

 

Le syndrome dyspraxique

 

Le trouble de la lecture est modéré et cède rapidement, c’est un symptôme d’appel, les erreurs sont spatiales plutôt que phonologiques. Ils ont parlé mieux et plus vite que d’autres mais on constate une lenteur de la coordination motrice, une dysgraphie, une dyslatéralité, une instabilité oculomotrice, un trouble spatial et éventuellement une dyscalculie spatiale. La dyschronie est massive : impossibilité de placer un événement dans le temps. Il peut y avoir une précocité intellectuelle si au WISC IV on a un IRP < ICV.

 

La précocité

 

10% des précoces souffrent de troubles dys et de difficultés d’apprentissage alors qu’il n’y en a que 2% dans la population « normale ». Le WISC IV est incontournable mais le total est inadéquat en cas de dissonance, il faut se baser sur le score le plus élevé si un des 4 scores > 130. Il faut leur reconnaître un style cognitif et affectif singulier.

 

On peut privilégier l’interprétation neuropsychologique ou psychodynamique. Il y a au moins 3 façons d’interpréter un écart > 20 selon qu’on suppose une compensation dans un sens ou dans l’autre ou une cause commune.

 

On constate souvent un trouble de la lecture au CP, un ICV excellent et un IRP bas, soit un gros écart entre les deux. L’enfant précoce travaille peu et perturbe souvent. La vitesse de traitement est basse. Dysorthographie, dyslexie, dysgraphie, dysexécution peuvent être associées mais les compensations rendent difficile le repérage de la dyslexie.

Dyslexiques et précoces présentent une anomalie de la fenêtre attentionnelle détectable par le test Valdois (5 lettres  apparaissent furtivement à l’écran et doivent être rappelées). Le rappel des positions 4 et 5 est difficile.

 

Lorsque l’on fait passer le questionnaire de Cooper et Smith mesurant l’estime de soi on constate que chez les élèves en difficulté, plus le potentiel est élevé, plus l’attaque de l’estime de soi est importante et plus l’écart est fort plus l’estime de soi est altérée.

 

D’après Magnier les HP ont une meilleure connectivité des zones du cerveau par l’organisation des fibres sous-corticales entre les régions frontales et pariétales. Le cervelet joue un rôle essentiel dans la motricité, la coordination, la posture, il module les apprentissages procéduraux des automatismes. Le cervelet est le pacemaker du cerveau.

 

On parle actuellement de HP harmonieux utilisant les 2 hémisphères à la fois et de HP disharmonieux qui présentent un trouble de l’utilisation des hémisphères, une mauvaise connectivité.

Jung et Haley ont mené une méta-analyse des modèles du cerveau et développé une théorie de l’intégration pariéto-frontale.

 

En conclusion il faut distinguer particularités neurobiologiques homogènes et non homogènes. Nous ne disposons pas actuellement de réponse sur la causalité génétique. Ce que l’on observe peut aussi bien être la cause que la conséquence des troubles. On en vient à étudier la disposition des sillons corticaux, patrons singuliers entre les régions cérébrales.

« La connaissance s’acquiert par l’expérience, tout le reste n’est que de l’information. » Albert Einstein

Source:Nicole Bouin

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