Mieux se connaitre – L’adolescent ! Qui suis je ?

In Mieux se connaître - Pilier 1 by Ismail SadkyLeave a Comment

Comment qualifier l’adolescent?

  • immature
  • rebelle à l’ordre établi
  • transgressif
  • incontrôlable

D’après Half, l’adolescence constitue une période de tempête et de stress ». Cependant, ne pas dramatiser, d’après l’enquête HBSC de l’OMS en 2006 (auto-questionnaire anonyme), 85% des adolescents se disent heureux.

 

Qu’est-ce qu’un adolescent? Ce n’est pas encore un adulte et plus tout à fait un enfant. On peine à en saisir les bornes développementales, 10 à 25 ans selon l’OMS actuellement contre 13-18 ans auparavant.

Caractéristiques propres:

– physiologiques: dérégulation du sommeil, de l’alimentation (goût pour le sucre)

– émotionnelles

– comportementales: attirance pour des conduites à risque

L’adolescent est porteur d’un formidable potentiel humain, il est idéaliste, passionné, avec une grande capacité d’étonnement, curieux, ouvert, désireux d’expérimenter: c’est un incubateur créatif de 1,5 milliards d’individus en 2005 (OMS).

 

L’adolescence existe-t’elle? Plusieurs grilles de lecture sont possibles

une approche culturaliste

* c’est un concept d’inspiration socio-psychologique. Cet état serait la rançon de l’urbanisme, avec sa dérive, la délinquance.

* apparition de cette notion est récente, elle remonte au romantisme allemand et aux premiers mouvements de contestation. Elle est également liée à l’obligation scolaire instaurée par J Ferry en France.

 

– une approche naturaliste

* c’est une période de transition, transculturelle identifiable de l’Amazonie à Paris

* elle n’est pas spécifique à l’homme, elle est observable chez les grands singes comme le bonobo.

* elle correspond à un déterminisme biologique et phylogénétique

 

Quatre marqueurs de l’adolescence:

la dérégulation du sommeil, c’est le meilleur marqueur du début du processus pubertaire et de la fin de l’adolescence après 20 ans. Cette dérégulation est caractérisée par un retard de l’endormissement de 21 à 23h, correspondant à un décalage du pic de sécrétion de la mélatonine. Elle intervient entre 13 et 20 ans et n’est pas spécifique de l’espèce humaine puisqu’observée chez le singe rhésus.

l’accélération de la croissance; celle-ci varie selon la saison, plus importante au printemps que pendant l’hiver, selon les parties du corps (mains > pieds > jambes > avant bras > cuisses > tronc) et selon le sexe, la croissance des filles étant plus précoce. Entre 11 et 16 ans un adolescent croît de 10 à 25 cm/an!

On peut parler de « grand corps malade »: douloureux (tension des ligaments de la colonne vertébrale), maladroit (hypotonie des muscles, dégradation de la coordination motrice), angoissant (idéal de soi, dysmorphophobie).

Mais, que d’énergie en plus! La masse musculaire corresponde à 45 à 50% de la masse corporelle; la masse grasse tombe à 14%; 40% de puissance cardiaque en plus….

 

l’oscillation de l’humeur, caractérisée par une hypersensibilité émotionnelle, un biais de perception correspondant à une plus grande sensibilité aux émotions négatives mais aussi positives, en particulier à connotation sexuelle.

 

la soif de sensation, les capacités d’autocontrôle sont en train de s’ajuster. Sensibilité accrue à la récompense et à la punition.

Quelle en est la cause?

* les hormones? Elles imprègnent le cerveau induisant une perméabilité accrue aux stimuli extérieurs en particulier sexuels.

* la modification du système neuromodulateur? La sérotonine régule les émotions; la dopamine (système  récompense/plaisir) joue un rôle secondaire.

* il existe une grande variabilité interindividuelle

 

Quel est l’apport de la neuroimagerie à la compréhension de cette période?

Il y a des remaniements importants au niveau cérébral avec une accélération nette entre 11 et 20 ans. Il y a un remodelage des connexions synaptiques en faveur des plus fonctionnelles. Ce processus est hétérogène, d’abord postérieur avant d’atteindre les lobes frontaux antérieurs. Il est plus précoce chez les filles. De 5 à 20 ans, il y a inversion du rapport matière blanche/matière grise, cette dernière étant prépondérante à l’âge adulte.

 

Deux régions sont particulièrement excitables pendant l’adolescence, l’amygdale qui est le centre des émotions et le noyau acubens centre de la prise de décision.

 

Quel est l’apport des neurosciences? Selon le modèle intégratif, l’équilibre entre 3 régions, le cortex préfrontal qui module le comportement, le striatum et l’amygdale serait perturbé. Il y aurait une hypersensibilité de l’amygdale et du cortex préfrontal induisant une modulation plus fragile du comportement. Il y a par ailleurs au cours de l’adolescence un décalage de développement entre la région subcorticale (en avance) et la région préfrontale (en retard).

 

A quoi sert l’adolescence? Elle doit permettre:

– d’affronter le danger de la séparation

– de se préparer aux risques de l’autonomie (réactivité, sens de l’action)

– les 3 clefs de la réussite sont:

* persévérance

* abnégation

* confiance en soi

 

En prenant des risques mesurés, l’adolescent devient plus compétent que s’il évite les défis.

Il y a donc urgence à définir les contours d’un nouveau contrat social en évacuant la peur du conflit.

 

Les 7 besoins de l’adolescent sont:

– le dialogue

– des références

– l’autonomie

– la responsabilité

– la confiance

– l’affection

– l’espoir

 

 

Communication de Luis Vera et Guillaume Biola

Actualité des alternatives thérapeutiques du traitement du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH)

 

Ce trouble a une prévalence de l’ordre de 5 à 6% des enfants en âge scolaire. Le retentissement fonctionnel peut-être important dans la vie des patients, notamment difficultés scolaires, troubles du comportement, trouble oppositionnel, anxiété, manque d’estime de soi. Ce trouble est souvent associé à la dyspraxie. Il n’existe pas de traitement curatif du TDAH, l’objectif thérapeutique est de limiter l’impact négatif que peut avoir le trouble dans la vie du sujet. Le traitement du TDAH repose sur une pise en charge globale associant   traitement médicamenteux et prise en charge psychosociale. Le traitement médicamenteux de référence est le méthylphénidate, traitement efficace mais dont la prescription est parfois limitée par la réticence des parents du fait de sa proximité chimique (et non d’effet) avec les amphétamines.

Des alternatives thérapeutiques sont proposées actuellement, dont il convient d’évaluer l’efficacité.

 

La prise en charge ne peut-être que multimodale associant médication interventions psychosociales, la médication à elle seule ne permettant pas d’autoréguler les comportements impulsifs.

 

Dans le TDAH, une enzyme convertit la dopamine en norépinephrine qui est alors présente à des taux anormalement élevés, gênant le système noradrénergique de régulation de l’activité neuronale.

La dopamine a deux actions contraires, – simulatrice lorsqu’elle se lie à son récepteur D1, inhibitrice  lorsqu’elle se lie à son récepteur D2, selon les zones du cerveau où ces récepteurs sont exprimés. La dopamine régule les fonctions motrices et exécutives.

Le méthylphénidate (Ritalin) agit en augmentant l’activité dopaminergique.

 

Les objectifs thérapeutiques sont:

– restaurer l’estime de soi

– améliorer les capacités d’organisation

– faciliter les apprentissages

 

Quelles sont les alternatives au méthylphénidate? Ils sont de 3 ordres: – régimes alimentaires (oméga3, colorants,  fer, zinc, Mg….), – homéopathie, – compléments alimentaires: la L-théanine.

 

régime Feingold: préconise d’éviter les phénols et les salicylées. L’ennui est que ces produits sont présents dans de très nombreux aliments, rendant le régime quasi inapplicable.

 

allergies alimentaires. Chez 5% des patients le TDAH est lié à des allergies alimentaires. Dans ce cas, un régime sans lait, noix, poisson, blé, soja est préconisé.

 

Oméga 3 . Des études sont en cours sur la complémentation en oméga 3, par le biais d’huiles de poisson, d’onagre. Les résultats sont contradictoires. Par ailleurs un excès d’oméga 3 peut induire une augmentation du cholestérol lié aux LDL.

 

colorants et additifs alimentaires: ils sont à proscrire, suspectés d’induire le trouble: E110, 104, 122, 129, 102, 124, benzoate de sodium.

 

suppléments vitaminiques, fer, zinc, Mg. Il a été décrit que 50% des TDAH présentent une carence en fer. Une complémentation en fer ne donne pas de résultat évident. La carence en Mg est rare chez les TDAH, elle provoquerait une augmentation de l’impulsivité. Un régime multivitaminé est sans effet sur le trouble.

 

Mélatonine: puissant antioxydant aux effets neuroprotecteurs. Elle est efficace sur les troubles du sommeil et est souvent prescrit conjointement avec le méthylphénidate (qui peut provoquer des troubles de l’endormissement chez certains patients).

Les autres antioxydants (Gingko, pyanogenol) sont sans effet.

 

homéopathie: différentes préparations ont été testées. La combinaison de Dopamine 5CH donnée le matin et de Serotoninum Muriaticum 5CH soir semble efficace. Une étude en double aveugle est en cours avec les laboratoires Boiron. Ce pourrait-être une bonne alternative pour les enfants de 3 à 7 ans.

 

Compléments alimentaires: la L-théanine. C’est un acide aminé extrait du thé vert qui est un analogue de la glutamine. Sa demi vie est d’environ 6h, son absorption intestinale et elle passe la barrière hémato-encéphalique 30 à 40 minutes après l’ingestion. Elle existe sous forme de 2 isomères, seule la L étant active, la présence de D-théanine pouvant même gêner l’effet de la L-théanine. Il est donc essentiel d’avoir des préparations de L-théanine 100% garanties. La posologie est de 200mg par prise pour avoir un effet net. Elle a été testée jusqu’à 4g/kg, sans effet secondaire détectée. Elle n’induit pas de trouble du sommeil. Son efficacité semble maintenant avérée, et son effet ne s’épuise pas avec le temps.

 

Mode d’action: elle présente une affinité pour le récepteur de l’acide glutamique. Elle soutient le taux de GABA qui régule la norépinéphrine et permet la libération de la dopamine. Elle induit – une synchronisation des hémisphères cérébraux, – une relaxation doublée de concentration liée à une augmentation des ondes alpha, – une augmentation de la vigilance, en particulier pour des tâches nécessitant une attention soutenue.

La L-théanine semble donc une alternative prometteuse au méthylphénidate.

 

la remédiation cognitive assistée par ordinateur.

 

Commentaire A Lefèvre: elle consiste à stimuler par des exercices sous forme de jeux différentes fonctions: la mémoire auditive, visuelle, l’attention, les fonctions exécutives… Elle permet d’après des études scientifiques récentes une réelle amélioration des capacités d’attention. Elle est pratiquée depuis un certain temps déjà aux Etats Unis, au Canada et en Angleterre en complément des autres approches thérapeutiques. L’association 1,2,3 dys a lancé une étude pilote en partenariat avec la fondation ACCOR au printemps 2011 pour évaluer son intérêt auprès de jeunes adultes.

 

Communication du Pr René Roussillon

La création aux fondements de la Psyché

 

Concept de potentiel

Concept de création

Comment le potentiel peut-il se concrétiser et s’intégrer par le sujet

 

Deux types de potentiels sont identifiés: – les potentiels premiers et les potentiels issus de l’expérience et de la vie.

Le patrimoine génétique doit prendre corps au cours de la vie.

Le bébé a déjà des compétences pour la rencontre avec l’autre comme le montre dès les premiers jours ses mimiques visuelles.

On parlera d’épigénie interactionnelle. Si le bébé ne rencontre pas de répondant dans son environnement, il va ressentir une déception engendrant une souffrance liée à  une perte de sens. En effet, les potentiels non réalisés, non actualisés que le sujet ne peut pas prendre à son compte engendrent de la souffrance.

Par exemple si l’on prend deux bébés sourds:

– l’un a une mère entendante qui va lui parler, langage que le bébé ne peut entendre

– l’autre une mère sourde qui va communiquer avec lui en langage des signes

Le deuxième bébé va pouvoir développer un langage ce qui est essentiel pour se construire, pas le premier. Cette notion de partage est essentielle pour ne pas se sentir seul, dès les débuts de la vie.

 

Le bébé est dans l’indécision par rapport à ce qu’il ressent. C’est son environnement qui donne sens à ses propres éprouvés, ses propres affects. Les mères « parlent » spontanément, sous forme de prosodie, le ressenti du bébé et lui donne sens en retour.

 

Un exemple: la mère d’un enfant autiste lui parle d’une voix monocorde. Le bébé ne manifeste rien n’établit pas de contact. Entre dans la pièce une autre personne qui prosodie: le même bébé se tourne vers elle pour établir un contact.

 

La fonction miroir de l’environnement est essentielle.

 

Un potentiel doit-être reconnu pour être appropriable

– il ne faut pas qu’il y ait de confusion. On parle « d’état de préoccupation maternelle primaire »  pour identifier pourquoi le bébé crie: faim? couches sales?…

– le mythe de la « bonne mère »: les mères en fait tâtonnent, bébé et mère sont à la recherche d’une rencontre. Le bébé peut se construire s’il comprend qu’il peut changer le monde. La mère « parfaite » qui comprendrait tout de suite pourquoi le bébé crie rendrait le monde magique et ne lui permettrait pas de grandir (rassurant!….).

– Pour que le bébé comprenne par exemple que ce qu’il ressent est de la colère, la mère va « jouer la colère du bébé: « oh le bébé est très en colère » dira la mère avec une grosse voix mais ronde, rassurante car non chargée d’une colère qui serait propre à la mère, pour que le bébé puisse identifier sa colère à lui.

 

On parle de « lettre en souffrance » pour une lettre qui n’atteint pas son destinataire. Il en va de même pour le potentiel qui n’est pas reconnu par l’environnement, comme c’est souvent le cas dans la souffrance au travail. Le risque est que le potentiel s’éteigne. On parle de processus de désactivation des potentiels. Ils deviennent inutilisables voire même l’individu entre en lutte active contre ses potentiels. C’est souvent le cas d’enfants à haut potentiel en échec scolaire. Ils jouent les idiots.

 

D’où la notion de virtualité des potentiels à l’origine.

 

L’adolescence s’apparente au poteau noir en aviation. La panne, la vacance permet d’appréhender la question « comment devenir sujet de ma vie ». D’abord l’adolescent doit se sentir libre. Les conduites à risque permettent d’éprouver le pouvoir qu’on a sur sa propre vie.

Le rôle de l’entourage est d’écouter son cheminement pour trouver sa voie.

 

Avec un adolescent, on n’explique pas, ce qui serait le considérer comme un petit, on s’explique avec lui.

Source: Nicole Bouin

Leave a Comment