Mieux apprendre – Des stratégies d’apprentissage

In Mieux apprendre - Pilier 5 by Ismail SadkyLeave a Comment

Stratégies

« Quelqu’un qui ne sait pas, mais qui sait qu’il ne sait pas, 
sait plus que quelqu’un qui sait mais ne sait pas qu’il sait. »

Nous avons vu l’importance du rôle actif de l’apprenant dans la construction des connaissances. S’il se doit d’être actif, il doit également être constamment conscient de ce qui se passe à l’intérieur et à l’extérieur de lui.

Nous avons abordé  ce qu’il convenait de savoir sur soi-même et sur le processus d’apprentissage pour engager l’action. Il convient maintenant d’apprendre à réguler cette action, à gérer activement (et efficacement !) la dimension cognitive de notre démarche. « La psychologie cognitive considère que l’apprentissage est fondamentalement l’acquisition d’un répertoire de stratégies cognitives et métacognitives« , selon Jacques Tardif. Si leur rôle déterminant a été montré dans la réussite académique, elles n’ont pas toujours été suffisamment développées, même chez les étudiants arrivant à un niveau universitaire, que ce soit naturellement, avec l’expérience, ou par le système éducatif. Fort heureusement, elles peuvent être apprises !

Les stratégies cognitives sont les procédures, les techniques utilisées pour réussir une tâche, tandis que les stratégies métacognitives comportent un double aspect, la connaissance de ces stratégies, et leur contrôle, la régulation de leur utilisation effective. Autrement dit, la métacognition consiste à réfléchir sur sa propre façon de penser, d’agir et d’apprendre, d’en évaluer l’efficacité, pour l’améliorer.

Aussi, il faut savoir que la métacognition joue un rôle crucial dans l’acquisition des connaissances, plus particulièrement encore dans un contexte d’apprentissage avec les nouvelles technologies, ainsi que pour le développement de l’autonomie.

STRATÉGIES COGNITIVES

Si, selon l’approche cognitive, l’apprentissage est essentiellement un processus de traitement de l’information, les stratégies cognitives sont des connaissances qui permettent le traitement adéquat des informations, leur mise en relation, leur intégration en mémoire, ce sont les procédures utilisées pour réussir une tâche  (par exemple utiliser un procédé mnémotechnique pour mémoriser un mot, une règle).

Vous trouverez donc ici tout un éventail de stratégies, de techniques et méthodes de travail, pour développer votre compétence de traitement de l’information : recherche documentaire, utilisation de mots-clés, prise de notes, élaboration de fiches documentaires et bibliographiques, techniques de résumé (différents types), élaboration de plan, communication de l’information, outils spécifiques à l’utilisation des nouvelles technologies… bref un apprentissage méthodologique relativement complet !

STRATÉGIE METACOGNITIVES: la connaissance sur la connaissance

« La métacognition réfère à la connaissance ainsi qu’au contrôle que le sujet a sur lui-même et sur ses stratégies cognitives. »
Jacques Tardif

Tout est dit ! En pratique, il s’agira de faire, puis de se regarder faire, d’avoir un regard, un questionnement rétroactif sur son action, de l’évaluer, de l’expliciter, dans le but de l’améliorer.

Les stratégies métacognitives réfèrent : 
– d’une part aux connaissances sur les stratégies cognitives, et les conditions dans lesquelles elles peuvent être employées et être efficaces (connaissances métacognitives).
– d’autre part à la surveillance, le contrôle et l’autorégulation de l’utilisation effective de ces stratégies (habiletés métacognitives).

La connaissance de soi est, selon Flavell, une composante aussi importante de la métacognition que la connaissance sur les tâches et stratégies cognitives. En effet, elle implique la connaissance de ses points forts et de ses points faibles et leur prise en compte dans le choix des stratégies à mettre en oeuvre. Dans le même ordre d’idée, Jacques Tardif souligne le double aspect du contrôle métacognitif, qui suppose :
– la gestion active de ses processus cognitifs
– la gestion active de soi comme apprenant, de son engagement affectif, par la perception des buts, de la valeur, de contrôle possible sur la réussite de la tâche, et par la connaissance des facteurs personnels qui conduisent à la réussite ou à l’échec.

Autrement dit, la métacognition consiste à réfléchir sur sa façon d’agir et d’apprendre, d’évaluer son efficacité, pour adopter une stratégie réparatrice et l’améliorer. Aussi, la régulation métacognitive passe par la prise de conscience, puis la capacité d’expliciter et d’extérioriser ce ressenti.

Dans la pratique, cela consiste à se décentrer, à prendre de la distance par rapport à la tâche réalisée, la nouvelle acquisition, ou la difficulté qui s’est présentée. Il s’agit de s’observer le plus objectivement possible, comme si l’on observait quelqu’un d’autre, afin de percevoir ce que l’on a fait, les stratégies que l’on a utilisées dans cette situation d’apprentissage. Il s’agira ensuite d’essayer de comprendre le pourquoi de ces choix, de ces actions ou réactions, d’ identifier les processus mentaux mis en oeuvre, d’en apprécier la pertinence, de les évaluer, et enfin de voir s’il est possible ou nécessaire de procéder autrement.

Le but est de prendre conscience des liens entre le cheminement adopté et les résultats obtenus, d’identifier et de découvrir par soi-même les erreurs, les raisonnements qui y ont conduit et les solutions possibles.

La technique de résolution de problème fait appel et favorise la métacognition.

La métacognition est une prise de conscience, qu’il importe de verbaliser, de pouvoir expliciter. Plusieurs techniques favorisent cette extériorisation, comme de penser à haute voix au fur et à mesure que l’on agit, d’utiliser le carnet de bord en tant qu’écrit réflexif (et pas seulement aide-mémoire), ou d’échanger avec d’autres apprenants, en s’expliquant les uns aux autres les stratégies employées.

Pour conclure, constatant l’importance de la métacognition dans l’apprentissage et dans la réussite académique, le concept d’éducabilité cognitive pose la possibilité de son développement :

 » Parler d’éducabilité cognitive, c’est assumer l’idée que l’individu ne fonctionne pas à son niveau maximum, que pour des raisons liées à son histoire (biologique, affective, sociale, économique, culturelle…), le développement de ses compétences cognitives n’a pas été optimal et qu’il est possible, par un traitement approprié, de remédier à cet état de fait « . A. Moal (1987)

Ainsi, en tant que processus conscient, la métacognition peut être expliquée, apprise et développée par la pratique des stratégies cognitives et métacognitives. A vous de jouer !!

Leave a Comment